« Afin d'appréhender la période Amarnienne dans toute sa complexité, cette chronologie propose une fusion des règnes des différents souverains sur une séquence continue de 32 ans. De l'avènement d'Akhenaton à la fin du règne de Toutankhamon, en passant par les figures de Neferneferouaton, Smenkharê et Méritaton, cette approche synthétique est indispensable. Elle permet de clarifier l'enchaînement des événements et de mieux comprendre les enjeux politiques et religieux de cette phase singulière de la XVIIIe dynastie. »
Chronologie révisée de la période amarnienne
A) La co-régence initiale (Aménophis III et Aménophis IV)
L'avènement d'Aménophis IV (le futur Akhenaton) est marqué par une co-régence avec son père, Aménophis III. Débutant vers l'âge de 12 ou 13 ans, le jeune prince aurait co-dirigé l'Égypte pendant une période estimée de 1 à 5 ans. Bien que certains égyptologues restent prudents, cette co-régence est aujourd'hui étayée par de nombreux indices archéologiques.
B) La phase thébaine (An 1 à An 5)
Début du règne personnel d'Aménophis IV. Cette période de transition se déroule principalement à Thèbes, où le roi commence à introduire le culte solaire exclusif d'Aton avant sa rupture définitive avec le clergé d'Amon.
C) L'ère amarnienne et les co-régences (An 5 à An 17)
Après avoir fondé Akhetaton (Tell el-Amarna), Akhenaton instaure une structure de pouvoir complexe. La co-régence avec Néfertiti (sous le nom d'Ankh-Khéperourê Neferneferouaton) et l'énigmatique Smenkharê est attestée par plusieurs monuments, notamment la "Stèle de la co-régence" et des inscriptions présentant des doubles cartouches royaux.
Note : Smenkharê est ici considéré comme un possible pseudonyme de Néfertiti accédant au rang de pharaon.
D) Le règne de Néfertiti / Neferneferouaton (An 17 à An 19)
À la fin du règne d'Akhenaton (an 17), Néfertiti exerce le pouvoir en tant que co-régente, puis règne seule sous le nom de Neferneferouaton de l'an 18 à l'an 19.
E) La transition Méritaton (An 19 à An 20)
Une brève co-régence d'environ deux ans s'établit entre Ankh-Khéperourê Méritaton (fille aînée d'Akhenaton) et Ankh-Khéperourê Néfertiti/Smenkharê. Cette période charnière marque les derniers souffles de la lignée directe d'Akhenaton au sommet de l'État.
F) Le règne personnel de Méritaton (An 20 à An 22)
Méritaton assure seule la direction du pays de l'an 20 jusqu'à son décès, survenu vers l'an 22 de l'ère amarnienne.
G) Le règne de Toutankhaton à Amarna (An 23 à An 27)
Le jeune Toutankhaton succède à ses prédécesseurs et maintient la cour à Akhetaton (Tell el-Amarna) pendant les quatre premières années de son règne.
H) Le retour aux traditions et l'axe Memphis-Thèbes (An 27 à An 32)
En l'an 27, une rupture majeure s'opère :
Changement de nom : Toutankhaton devient Toutankhamon, marquant le retour au culte d'Amon.
Réorganisation géographique : Si Thèbes redevient le centre religieux, c'est à Memphis — sa ville natale où il a passé la majeure partie de sa vie — que le roi installe l'administration et sa résidence principale. Contrairement aux idées reçues, Memphis est alors la véritable capitale politique.
Transfert funéraire : C'est à cette époque que la dépouille d'Akhenaton est transférée dans la Vallée des Rois (tombe KV 55).
I) Fin de la lignée (An 32)
Le décès de Toutankhamon en l'an 32 de l'ère amarnienne marque l'extinction de la descendance directe d'Akhenaton et la fin d'une époque singulière de l'histoire égyptienne.
Chronologie commentée de la rupture Amarnienne (An 0 à An 5)
An 0 : L'accession au trône (Âge : 13-17 ans)
À la suite du décès d'Aménophis III, son fils Aménophis IV organise les rites funéraires et prend possession du pouvoir dynastique. Ses premières décisions s'inscrivent dans la continuité : il lance un programme de construction traditionnel à Karnak en l'honneur d'Amon-Rê, garant de l'ordre établi.
An 1 : Les travaux de Karnak (Âge : 14-18 ans)
Le jeune pharaon concentre ses efforts sur l'axe principal du temple d'Amon, notamment au niveau du IIIe pylône. Ces travaux témoignent encore d'un attachement aux structures architecturales classiques de la XVIIIe dynastie.
An 2 : La rupture idéologique et le chantier de Silsileh (Âge : 15-19 ans)
L'an 2 marque un tournant radical :
Réforme religieuse : Aménophis IV interrompt les travaux consacrés à Amon. Il substitue Aton à Amon-Rê dans sa piété personnelle et se proclame unique intermédiaire (Grand Prêtre) du dieu. Cette centralisation du sacré dépouille le clergé d'Amon de ses prérogatives, déclenchant un conflit ouvert avec l'élite sacerdotale.
Le Grand Benben : L'ouverture des carrières du Gebel Silsileh permet l'extraction de blocs pour le « Grand Benben de Rê-Hor-Akhty ». Cet édifice novateur comprend le Tertre-Kay, un podium spécifique, accolé à un obélisque unique (le Benben).
Première reconnaissance : Le roi effectue sa première visite sur le futur site d'Amarna.
An 3 : L'émergence du style Amarnien et le Jubilé (Âge : 16-20 ans)
L'iconographie et le dogme se fixent :
Évolution dogmatique : Le nom divin passe de « Rê-Hor-Akhty » à « Ankh-Rê-Hor-Akhty ». Le faucon anthropomorphe disparaît au profit du Disque Rayonnant. Les temples perdent leurs toitures pour laisser pénétrer la lumière directe d'Aton.
La Révolution Artistique : Apparition du style naturaliste (pronathisme, formes androgynes). Akhenaton se présente comme la personnification d'Aton, fusionnant les genres masculin et féminin. En devenant l'image vivante du créateur, il s'affranchit de la vision osirienne : il n'a plus besoin de mourir pour ressusciter, il accède à l'éternité de son vivant.
Vie Privée et Fêtes : * Mariage avec Néfertiti (environ 13-14 ans), union jusqu'ici différée pour des raisons de maturité biologique.
Célébration de la première Fête-Sed (21 juin), un jubilé de régénération inhabituellement précoce pour marquer l'ère nouvelle.
Invention des Talatats : Ces petits blocs de grès standardisés permettent une construction ultra-rapide du complexe d'Aton à Karnak.
Conséquences politiques : La rupture avec le clergé d'Amon est définitive. La décision de déplacer la capitale vers Amarna est prise. Naissance de la première princesse, Méritaton.
An 4 : L'extension du Per-Aton (Âge : 17-21 ans)
Le complexe thébain dédié au disque, le Per-Aton (« Domaine d'Aton »), s'étend vers l'est et s'organise en plusieurs structures :
Le Gem-Pa-Aton (« Aton est trouvé ») : Cœur du complexe abritant le Château du Benben.
Le Teny-Menou : Zone protocolaire avec fenêtre d'apparition et podium royal.
Le Roudj-Menou : Quartier résidentiel et administratif comprenant le palais et les salles du trône.
Famille : Naissance de la deuxième fille, Mâkétaton.
An 5 : La naissance d'Akhenaton (Âge : 18-22 ans)
L'an 5 scelle la transformation identitaire :
Changement de nom : Aménophis IV devient officiellement Akhenaton (« Celui qui est utile à Aton »).
Révision iconographique : Toutes les inscriptions antérieures sont mises à jour ou martelées pour refléter le nouveau nom dogmatique.
Lancement de la Persécution : Début du martelage systématique du nom et des images du dieu Amon à travers le pays.
Famille : Naissance de la troisième fille, Ânkhésenpaaton.
La Révolution Amarnienne : Une Mutation Graduelle et Radicale
Les réformes engagées par Akhenaton ne furent pas le fruit d'une révélation soudaine, mais d'une progression méthodique étalée sur les cinq premières années du règne d'Aménophis IV à Thèbes.
Une dialectique entre pensée et architecture
Chaque inflexion théologique dictée par le pouvoir royal se traduisait immédiatement par des ajustements architecturaux concrets. Ce pragmatisme créait un cycle d'innovation continu : la mise en œuvre des chantiers nourrissait la réflexion du pharaon, laquelle engendrait à son tour un durcissement du dogme atonien. Loin d'hésiter, les acteurs de cette réforme avancèrent avec une assurance remarquable sur une voie totalement inédite pour l'Égypte.
Du polythéisme traditionnel au monothéisme centré
En seulement cinq ans, Aménophis IV réinvente l'expression du divin. Il opère une transition brutale :
D'un culte polythéiste traditionnel : Profondément ancré dans la terre sacrée de Karnak et géré par un clergé puissant.
Vers un monothéisme de rupture : Centré exclusivement sur la famille royale et libéré de toute attache géographique ancestrale.
Innovations conceptuelles et métaphysiques
Akhenaton introduit des concepts métaphysiques révolutionnaires pour la civilisation égyptienne :
L'Héliocentrisme spirituel : L'idée que toute chose émane d'une source unique, le disque solaire (Aton).
La notion d'Infini : Une nouvelle perception de la temporalité et de l'espace divin.
L'Intolérance dogmatique : Pour la première fois dans l'histoire, l'Égypte expérimente une forme d'exclusion religieuse, caractéristique des interprétations radicales du monothéisme, menant au martelage des noms des anciennes divinités.
Cette période charnière, où le pharaon devient l'unique prisme entre l'infini solaire et le monde terrestre, constitue l'un des laboratoires idéologiques les plus singuliers de l'Antiquité.
Chronologie de la Transition Amarnienne (An 6 à An 11)
An 6 : La fondation d'Akhetaton (Âge : 19-23 ans)
L'an 6 officialise la rupture géographique. Le site vierge d'Amarna, exploré dès l'an 2, est validé comme future capitale.
Iconographie Thébaine : À Karnak, de nouveaux piliers sont érigés dans le Gem-Pa-Aton. Fait exceptionnel, ils représentent la reine Néfertiti officiant seule sous les rayons d'Aton, accompagnée de la princesse Méritaton, soulignant son rôle sacerdotal majeur.
Célébration : Le 21 juin, Akhenaton célèbre sa deuxième Fête-Sed. Ce jubilé sert de fondation symbolique à la nouvelle cité : Akhetaton (« l'Horizon d'Aton »).
An 7 : La mutation nominale de la Reine (Âge : 20-24 ans)
Changement de nom : Néfertiti devient Néfernéferouaton-Néfertiti (« Belle est la perfection d'Aton, la Belle est venue »). Le nom d'Aton est désormais intégré à son cartouche.
Symbolique du pouvoir : Contrairement au nom du roi où l'ancien (Aménophis) était martelé pour être remplacé, le nouveau nom de la reine est gravé à côté de l'ancien sur les monuments existants. Cette nuance suggère une transition plus organique pour la reine, là où le roi impose une rupture radicale.
Les dernières scènes thébaines : Les travaux se concentrent sur le Roudj-Menou. On y voit des scènes de déchargement de navires et d'entrepôts, ainsi que des moments intimes du couple royal. Cependant, de nombreuses gravures de navigation restent inachevées, signe de l'urgence du départ.
Famille : Naissance de la 4ème fille, Néfernéferouaton Tasherit.
An 8 : L'exode vers l'Horizon (Âge : 21-25 ans)
L'an 8 marque la fin définitive de la période thébaine.
Arrêt des chantiers : Les décorations à Karnak sont brusquement interrompues, laissant des murs en suspens.
Transfert de la Cour : Le roi, la reine et l'administration quittent Thèbes pour s'installer sur le site en chantier d'Amarna. Akhenaton supervise personnellement la construction de cette cité idéale, conçue comme un temple à ciel ouvert.
An 9 : La "Solarisation" et l'apogée du dogme (Âge : 22-26 ans)
Consécration : Le 21 juin, la troisième Fête-Sed inaugure officiellement l'occupation d'Akhetaton. La ville supplante désormais Memphis (centre administratif) et Thèbes (centre religieux).
Évolution Onomastique : Naissance de la 5ème fille, Néfernéferourê. On observe un changement majeur : le nom des princesses intègre désormais le déterminatif « Rê » au lieu d'« Aton » (ex: Néfernéferourê). Cette "solarisation" marque l'aboutissement théologique : Aton est le soleil, et le roi est son unique héritier.
Succession : Akhenaton commence à structurer la pérennité de son règne et de sa lignée.
An 10 : L'extension de la lignée (Âge : 22-27 ans)
Famille : Naissance de la 6ème fille, Sétepenrê (« l'Élue de Rê »), dont le nom confirme l'ancrage définitif du dogme solaire héliopolitain réinventé.
An 11 : La naissance de l'Héritier (Âge : 23-28 ans)
Événement majeur : Naissance de Toutankhaton (futur Toutankhamon). S'il est bien le fils d'Akhenaton, les recherches génétiques et les indices historiques suggèrent qu'il n'est pas le fils de Néfertiti, mais probablement celui d'une épouse secondaire (possiblement la « Young Lady » de la tombe KV35, identifiée parfois comme une sœur d'Akhenaton, ou la reine Kiya).
Chronologie Finale de l'Ère Amarnienne : La chute et les successions (An 12 à An 22)
An 12 : L'apogée divine et le début du drame (Âge : 24-29 ans)
Déification d'Akhenaton : Lors de la 4ème fête-Sed (21 juin), le roi atteint son ultime stade théologique. Il ne se contente plus d'être l'intermédiaire, il devient divinité vivante, fils éternel d'Aton. Cette déification lui assure l'éternité sans passer par le jugement d'Osiris.
Le Grand Durbar : Une fête grandiose rassemble les tributs des nations vassales. C'est à cette occasion que la Reine-mère Tiyi et la princesse Bakétaton arrivent à Amarna.
Le fléau : L'arrivée massive d'étrangers et de marchandises favorise l'introduction de la peste. L'épidémie décime la famille royale : décès de Sétepenrê (3 ans) et de Mâkétaton (vers 10 ans).
Mutation de Néfertiti : Elle disparaît en tant que "Grande Épouse Royale" pour réapparaître sous l'identité de co-régente (Néfernéferouaton/Smenkhkarê). Le pouvoir est désormais bicéphale : deux pharaons dirigent l'Égypte.
An 13 - 14 : La réorganisation face à la mort
Promotion de Méritaton : À la suite de la mutation de sa mère en co-roi, Méritaton devient "Grande Épouse Royale" d'Akhenaton pour maintenir le rôle rituel féminin nécessaire au culte.
Conséquences de l'épidémie : Décès successifs de la reine Tiyi, de Bakétaton et de la 4ème épouse, Kiya.
Relations incestueuses : En l'an 14, naissance de Méritaton-Tasherit, issue de l'union d'Akhenaton et de sa fille Méritaton. Parallèlement, la 5ème fille, Néfernéferourê, succombe à la peste.
An 15 - 16 : La préparation de l'après-Akhenaton
L'éternité acquise : Akhenaton ne célèbre plus de fête-Sed ; étant dieu, il n'a plus besoin de régénération.
Transmission du pouvoir : Le roi délègue de plus en plus de charges à Néfertiti (sous son nom de roi). Il prépare la transition pour le jeune Toutankhaton (resté à Memphis).
Mariage avec Ankhésenpaaton : La 3ème fille devient à son tour épouse royale et donne naissance à Ankhésenpaaton-Tasherit en l'an 16.
An 17 : La fin d'un monde
Décès d'Akhenaton : Le "Pharaon hérétique" meurt entre 29 et 34 ans. Il laisse derrière lui un fils unique et une lignée de filles. Inhumé d'abord à Amarna, ses restes seront plus tard transférés à Thèbes (KV 55).
La régence des "Reines-Pharaons" (An 17 à An 22)
An 17 - 18 : Le règne de Néfertiti (Ankh-Khéperourê)
Néfertiti règne seule pendant près de 3 ans sous le nom d'Ankh-Khéperourê Néfernéferouaton. Elle fait face à une triple menace : la pression des Hittites, l'hostilité du clergé thébain et l'instabilité intérieure.
An 19 : Le "Tour de passe-passe" dynastique
Pour assurer la stabilité et tromper les ennemis, Néfertiti met en place un subterfuge :
Double identité : Elle transmet son nom de trône (Ankh-Khéperourê) à sa fille Méritaton.
L'illusion masculine : Néfertiti reprend l'identité de Smenkhkarê pour apparaître comme un pharaon masculin aux yeux du monde, créant une co-régence "artificielle" avec sa fille.
Décès de Néfertiti : Elle meurt peu après (vers 31 ans). Son inhumation reste un mystère : soit à Amarna (rite Atonien), soit à Thèbes (KV 62) dans la tradition Osirienne, marquant le début du retour aux anciennes coutumes.
An 20 - 22 : Le règne solitaire de Méritaton
Négociations : Méritaton règne seule à Amarna. Trop fragile, elle entame des discussions avec Aÿ et Horemheb pour négocier le retour officiel du culte d'Amon-Rê.
Fin de vie : Méritaton décède vers l'an 22 (à 18-19 ans).
Le mystère de la KV 62 : Selon certaines thèses (N. Reeves), la célèbre tombe de Toutankhamon était initialement destinée à Méritaton. Les scènes murales représenteraient Méritaton défunte et le jeune Toutankhaton pratiquant le rite de "l'ouverture de la bouche".

La fin de l'ère Amarnienne et la Restauration(An 23 à An 37)
La transition amarnienne (An 23 - An 24)
Décès princier : Disparition de la princesse Néfernéferouaton Tasherit à l'âge de 14 ans. Elle est inhumée à Amarna sans descendance connue.
L'avènement de l'enfant-roi : Toutankhaton accède au trône à l'âge de 9 ans. Le pouvoir réel est exercé par un "conseil de régence" dirigé par Aÿ (le Père Divin) et le général Horemheb. Ils organisent le couronnement à Akhetaton tout en planifiant secrètement le démantèlement de la réforme atonienne et le retour de la cour vers les centres traditionnels.
Le retour à l'ordre thébain (An 25 - An 26)
L'an 25 marque le basculement définitif :
Restauration religieuse : Le culte d'Amon-Rê est rétabli. Thèbes retrouve son statut de capitale religieuse et son clergé récupère ses biens et son influence.
Mutation identitaire : Le souverain devient Toutankhamon. Il scelle cette décision par la célèbre « Stèle de la Restauration », qui décrit l'état de délabrement des temples laissé par son prédécesseur.
Le Grand Transfert : En l'an 26, la capitale administrative est transférée à Memphis. Akhetaton (Amarna) est officiellement abandonnée. Dans un geste de piété filiale (ou par nécessité de surveillance), les trésors et les dépouilles de la famille royale sont rapatriés vers la Vallée des Rois.
Négociation politique : Ce rapatriement est sans doute le fruit d'un compromis orchestré par Aÿ : le clergé thébain accepte d'accueillir les "hérétiques" dans la nécropole royale contre l'abandon définitif du dogme d'Aton.
Les grands travaux de Toutankhamon (An 27 - An 31)
Malgré son jeune âge, le pharaon lance un vaste programme de construction pour effacer les cicatrices de la période précédente :
Thèbes : Réalisation de la colonnade du Temple de Louxor, restauration des sanctuaires d'Amon-Rê et aménagement de l'allée des Sphinx à Karnak.
Médinet Habou : Érection d'un temple (plus tard usurpé par Aÿ) sur les vestiges d'un édifice ayant appartenu à Ankh-Khéperourê (Néfertiti ou Méritaton).
Empire : Son activité architecturale est attestée de Gizeh jusqu'en Nubie, prouvant une volonté de réaffirmer la présence royale sur tout le territoire.
La fin de la lignée d'Akhenaton (An 32)
Le décès : Toutankhamon meurt à l'âge de 18 ans. Il est le dernier descendant mâle direct de la lignée.
Le mystère de la KV 62 : Il est inhumé en urgence dans la Vallée des Rois. Sa tombe, la KV 62, présente une structure atypique pour un roi (virage à droite), suggérant qu'elle était initialement prévue pour une femme-pharaon (Néfertiti ou Méritaton). Son matériel funéraire est en grande partie composé de pièces réutilisées provenant des trousseaux de ses prédécesseurs amarniens.
L'énigme des Ankhésenpaamon
Une confusion historique entoure souvent les dernières femmes de la lignée :
Ankhésenpaaton (la mère) : 3ème fille d'Akhenaton et de Néfertiti, ancienne épouse royale de son père.
Ankhésenpaamon-Tasherit (la fille) : Fruit de l'union d'Akhenaton et de sa propre fille. C'est elle qui, devenue l'épouse de Toutankhamon et craignant les ambitions de son grand-père Aÿ, aurait envoyé la célèbre lettre au roi Hittite Souppilouliouma Ier pour réclamer un époux royal et éviter un mariage forcé avec un "serviteur".
L'épilogue : Le règne de Aÿ (An 33 - An 37)
Faute d'héritier et après l'échec de l'alliance hittite, Aÿ s'empare du trône. Son règne de quatre ans clôt officiellement la parenthèse amarnienne. À son décès, le général Horemheb prendra le pouvoir et entamera une damnatio memoriae systématique (effacement des noms) contre tous les souverains liés à l'aventure d'Aton.
