Nefer-khéperourê Ouâenrê (Amenothep IV)
Nom de roi : Néfer-khéperouré ouâenrê (Les manifestations de Rê sont parfaites,
l'Unique de Rê) nfr-xprw-ra wa-n-ra
Nom de naissance : Amenhotep Netjerheqaiounou (Amon est satisfait, Dieu Seigneur d'Héliopolis) imn-Htp(w) nTr-HqA-iwnw
Je reprends ici l l'enfance et les 4 premières année de Règne d'Aménophis IV où il a dirigé l’Égypte sous ce nom.

Son enfance

Probablement second fils d'Aménophis III et de la reine Tiyi, le futur Akhenaton n'était pas destiné au trône. C'est le décès prématuré de son frère aîné, le prince Thoutmôsis, qui le propulse au rang d'héritier dynastique. Initialement voué au sacerdoce, Aménophis IV conserve de cette formation religieuse une vision spirituelle singulière, un détail qui s'avérera crucial dans les orientations radicales de son règne.

Aménophis IV vécut une enfance sereine au sein des palais de son père, Aménophis III, où il reçut une éducation d'une rare complétude. Très tôt, il côtoya d'illustres figures de la cour qui forgèrent son intellect. Sous l'influence d'un père ouvert aux courants d'idées novateurs, le jeune prince fut initié aux arts de la guerre et de la chasse ; toutefois, il manifesta rapidement une aversion pour ces pratiques qu'il jugeait cruelles.
Formé par le clergé, il acquit une maîtrise remarquable des mathématiques et de l'astronomie, tout en développant une passion profonde pour les écritures sacrées et la littérature. Cette soif de savoir, touchant tant aux sciences qu'aux arts et à la théologie, témoigne d'une intelligence précoce et d'une curiosité universelle. Destiné initialement au sacerdoce, il baigna dans un environnement où l'influence des prêtres fut déterminante, marquant ainsi de façon indélébile la spiritualité du futur monarque.

L'Influence des Conseillers de l'Ombre
Les prêtres et les conseillers d'Aménophis III jouissaient de prérogatives immenses, supervisant étroitement les projets d'envergure et les décisions stratégiques de l'Empire. Véritables gardiens des traditions ancestrales, ils se portaient garants de la pérennité des rites et des valeurs de l'Égypte ancienne.
Parmi cette élite, des scribes aux talents multiples œuvraient comme d'éminents conseillers de l'ombre. De nombreux historiens s'accordent à dire que ces érudits ont non seulement orienté l'éducation du jeune prince, mais lui ont également transmis des enseignements hermétiques, tout en instillant en lui des idées novatrices. Leur objectif était double : optimiser les rouages de l'administration royale tout en renforçant l'ancrage dynastique dans le passé le plus lointain.
Le rôle prépondérant d'Aÿ
Au cœur de cette garde rapprochée se distinguait le divin Père Aÿ, issu du prestigieux temple d'Héliopolis. Ce dernier encouragea activement des recherches visant à restaurer les rites anciens dans leur pureté originelle.
Sous son égide, le prince reçut une formation ésotérique rigoureuse, l'incitant précocement à explorer les arcanes de la théologie héliopolitaine pour en extraire la quintessence des coutumes religieuses oubliées.

Son règne à Thèbes
La date de début de règne d'Amenothep IV reste controversé. Le fait ou non qu'il y eut une co régence avec son père Amenothep III est encore très débattu .

La Question de la Co-régence : Entre Tradition et Nouvelles Preuves
Si l'existence d'une longue co-régence entre Aménophis III et son fils a longtemps été une thèse dominante, elle fait aujourd'hui l'objet de débats passionnés.
L'évolution du consensus : La grande majorité des égyptologues contemporains considère désormais une co-régence prolongée comme improbable, privilégiant l'hypothèse d'une transition courte, n'excédant pas une année.
Les preuves archéologiques : Cependant, cette co-régence est désormais formellement attestée. La découverte récente de vestiges, notamment une stèle arborant les cartouches conjoints des deux souverains, confirme que père et fils ont partagé le pouvoir, même pour une période brève.

L'Énigme de l'Âge et l'Avènement du Roi
Une interrogation persiste quant à l'âge précis du souverain lors de son accession au trône, traditionnellement datée du 30e jour du 4e mois de la saison Akhet (mi-novembre 1353 av. J.-C.).
Hypothèses sur la maturité du Pharaon
Le débat sur l'âge de la prise de pouvoir est intrinsèquement lié à la durée de la co-régence :
L'hypothèse d'une maturité relative (18 ans) : Dans le cadre d'une co-régence de trois ans, le prince aurait atteint une certaine maturité politique lors de son investiture personnelle.
L'hypothèse d'une accession précoce (13 ans) : Si l'on retient une co-régence courte d'un an, une montée sur le trône à l'adolescence est tout à fait envisageable, ce qui expliquerait l'influence prépondérante de son entourage.
Les indices iconographiques : l'omniprésence de la Reine Tiyi
L'iconographie des premières années de règne apporte des éclairages majeurs. À Karnak, certains fragments de reliefs dépeignent le jeune monarque avec un visage aux traits presque poupins, soulignant sa jeunesse.
Fait marquant : durant cette phase initiale, ce n'est pas Néfertiti qui apparaît aux côtés du roi, mais sa mère, la Reine Tiyi. Cette régence iconographique (et sans doute politique) de la Grande Épouse Royale d'Aménophis III renforce l'idée d'un pharaon encore trop jeune pour gouverner sans tutelle maternelle.
L'apparition tardive de Néfertiti
L'absence de Néfertiti dans les archives et les reliefs avant la 3e année du règne est un argument de poids pour les historiens :
Un mariage différé : L'absence de représentations antérieures suggère que l'union avec Néfertiti n'a été célébrée ou officialisée qu'autour de l'an 3, une fois le roi sorti de la prime adolescence.
Les premières attestations : Les représentations du temple de Sésébi (en Nubie) dateraient de cette période charnière. C'est également à cette date que Néfertiti apparaît officiellement pour participer à la première fête-Sed (Heb-Sed) d'Aménophis IV, marquant ainsi son entrée définitive sur la scène théologique et politique du pays.

À l'âge de 21 ans — bien que certains historiens avancent une union plus précoce, vers 12 ou 16 ans — Aménophis IV épouse Néfertiti, dont le nom signifie poétiquement "La Belle est venue".
Les traits de la souveraine sont aujourd'hui mondialement célèbres grâce au buste polychrome découvert par une expédition allemande à Amarna, chef-d'œuvre désormais conservé au Neues Museum de Berlin. Sur le plan généalogique, elle serait la fille du futur pharaon et vizir Aÿ, lui-même frère de la reine Tiyi et fils du couple influent Youya et Touya. Si son ascendance paternelle semble établie pour de nombreux égyptologues, l'identité de sa mère demeure, à ce jour, l'une des grandes énigmes de la période amarnienne.

Les Alliances d'Akhenaton : Entre Tradition et Rupture
Bien que l'ascendance de Néfertiti reste débattue, il est admis qu'elle fut élevée par Tey (ou Ti), la seconde épouse d'Aÿ, qui portait officiellement le titre de « Nourrice de la Grande Épouse Royale ».
Une rupture avec les conventions matrimoniales
En prenant Néfertiti pour épouse, le futur Akhenaton semble s'écarter de la coutume dynastique rigoureuse. Traditionnellement, le pharaon épousait sa sœur aînée — détentrice du sang royal — afin de légitimer son droit au trône selon un principe souvent qualifié de « matrilinéaire » (où la légitimité passe par les femmes de la lignée royale). En choisissant Néfertiti, issue d'une branche collatérale ou de la haute noblesse (la famille d'Aÿ), Akhenaton affirme une volonté d'indépendance vis-à-vis des traditions établies.
Le harem royal et la figure de Kiya
Malgré l'omniprésence de Néfertiti dans l'iconographie officielle, le pharaon respecta la tradition du harem en recevant d'autres épouses de haut rang. Parmi elles se distingue Kiya, une épouse secondaire d'une importance capitale.
Ses origines : Souvent identifiée à une princesse d'origine mitannienne (syrienne), elle pourrait être la princesse Tadukhepa envoyée à la cour d'Égypte.
Son statut : Kiya occupait une place privilégiée, portant le titre unique de « Grande Aimée », avant de disparaître mystérieusement des archives vers l'an 12 du règne.

L'An III : L'Éveil du Prophète et la Révolution des Formes
Dès la troisième année de son règne, le jeune souverain bouleverse les fondements millénaires de l'Égypte par des réformes radicales. S'affirmant tel un « pharaon-prophète », il se fait le révélateur d'une divinité unique et suprême : Rê-Horakhty, s'incarnant dans le disque solaire, Aton.
Une Théologie de la Lumière
Aton n'est plus représenté sous une forme humaine ou animale, mais comme une puissance universelle et immatérielle. À travers ses rayons terminés par des mains offrant le signe de vie (l'ânkh), il dispense aux hommes :
La Lumière qui dissipe les ténèbres de l'ignorance.
La Vie et la chaleur créatrice.
La Paix et la douceur universelle.
L'Émergence de l'Art Amarnien
Cette rupture religieuse s'accompagne d'une révolution esthétique fulgurante : l'Art Amarnien. Rompant avec le rigorisme et l'idéalisation des siècles passés, ce nouveau style privilégie :
Le naturalisme exacerbé : Une attention portée aux mouvements et aux détails de la nature.
Des formes généreuses et androgynes : Des silhouettes aux hanches larges, aux ventres arrondis et aux visages étirés, symbolisant la fertilité et la nature hybride du roi, mi-homme mi-dieu.
L'intimité royale : Pour la première fois, le pharaon est représenté dans sa vie privée, entouré de sa famille dans des scènes d'une tendresse inédite.

Akhenaton n'a pas inventé la figure d'Aton ; il a plutôt radicalisé une évolution théologique déjà latente sous Aménophis III. L'existence de ce dieu, représentant le disque solaire physique, est documentée dès le Moyen Empire. Cependant, ce qui n'était jusqu'alors qu'une manifestation du dieu Rê est devenu, sous le règne d'Akhenaton, la source unique et absolue de toute vie, évinçant les autres divinités du panthéon égyptien

La Rupture d'Amarna : Vers un nouvel Horizon
Sous la XVIIIe dynastie, le puissant clergé d'Amon avait fait de Thèbes non seulement le centre cultuel du "Roi des Dieux", mais aussi le siège du pouvoir monarchique. Cependant, entre l'an 4 et l'an 6 de son règne, Akhenaton décide de briser ce monopole théologico-politique en transférant la capitale.
La fondation d'Akhetaton
La date officielle de cette rupture, consignée sur les stèles frontières, est le 13e jour du IVe mois de la saison Peret de l'an 5. Le roi ordonne la construction d'une cité nouvelle, ex nihilo, en plein désert de Moyenne-Égypte : Akhetaton (« l'Horizon d'Aton »), située sur l'actuel site de Tell el-Amarna, à environ 320 km au nord de Thèbes.
Un séisme politique et religieux
Dès l'année suivante, le dogme se radicalise : Aton est proclamé Dieu suprême, évinçant les autres divinités du panthéon traditionnel.
Cette révolution, si elle revêt un caractère mystique, répond à des impératifs politiques cruciaux :
La neutralisation du clergé d'Amon : En ordonnant la fermeture des temples thébains et en confisquant leurs revenus au profit d'Aton, Akhenaton anéantit l'influence politique et économique de la caste sacerdotale qui menaçait l'autorité royale.
L'affirmation de l'absolutisme : En s'installant sur une terre vierge d'anciennes divinités, le roi s'affranchit du passé et devient l'unique intermédiaire entre le Disque solaire et le peuple.

Fait exceptionnel,Amenothep IV change de titulature en l'an 6 et prend le nom d'Akhenaton "Rayon (Serviteur) du disque solaire (Aton)".
